Sorcière un Métier d'Avenir

Les sorcières sont à la mode. Le succès d'Halloween a remis au goût du jour les chapeaux pointus et les balais médiévaux, la soupe au potiron et le maquillage gore. Il y a désormais un look sorcière, à base d'ongles noirs et de lèvres purpurines, de cheveux en pétard et de défroques achetées aux Puces.  

Les panoplies de sorcière se rencontrent dans les magasins de jouets, les jeux vidéo et les boutiques de souvenirs. L'édition fleurit de recettes de magie et d'envoûtements en tout genre. On réédite de vieux grimoires, mélangeant bave de crapaud et testicules de bison pulvérisés.

Assisterions-nous à un remake de "la grande peur de l'an 1000", avec ses mages, ses prédicateurs, ses sociétés secrètes et ses sorcières à balai? Point du tout, la nouveauté, c'est que la sorcière ne fait plus peur. Elle amuse ou fascine, et ses pouvoirs font envie : d'où les livres de recettes. Il arrive même qu'elle attendrisse avec ses histoires d'amour à l'eau de rose. La pauvrette ne peut jamais tomber amoureuse sans provoquer des catastrophes : il suffit qu'elle pose les yeux sur un blondinet pour qu'il se transforme en statue de sel. "Une malédiction", voilà la seule explication.

La sorcière 1999 a beau s'habiller comme un top Modèle, parler plusieurs langues et faire carrière dans l'art contemporain, sa condition la poursuit. Elle est condamnée à vivre toute seule sa drôle de vie seule donc, ou avec d'autres sorcières, ses soeurs. Dans les fictions récentes, la sorcellerie apparaît volontiers comme un don de famille, et le scénario reste vague sur l'origine de ce don. De lointains ancêtres ont dérobé le Grand Livre des ombres des Templiers, ou quelque ouvrage du même genre, et les descendantes sont condamnées à garder le secret jusqu'à la fin des temps. Pour se distraire, elles font le bien autour d'elles, filent la combinaison gagnante du Loto à de braves gens, retrouvent des disparus, rendent leur jeunesse à de vieille dames fripées, etc.

C'est le grand retour de la magie blanche, la magie bienfaisante. En l'an 2000, la sorcière new-look combat les forces du mal. Elle est l'amie des enfants. A la faveur du retour aux sources new-agen le chamanisme et les religions ancestrales reviennent à la mode. En Afrique du Sud, les consultations de sorcellerie sont désormais remboursées par la sécurité sociale, comme la médecine occidentale. Bref, avec sa panoplie de recette, ses onguents et ses baumes, ses philtres, ses herbes rares et ses incantations, la sorcière est entrée de plan-pied dans le XXI ième siècle.

Pourtant, jusque-là, la corporation avait plutôt mauvaise presse. Suppôt de Satan, créature funeste, jeteuse de sorts, voilà les noms dont on l'affublait. Toute une cohorte de silhouettes grimaçantes, à califourchon sur leurs balais, illustrait la grande peur qu'elles inspiraient. D'où vient ce renversement fulgurant d'opinion, qui fait d'une créature honnie, hideuse et malfaisante, le modèle de la génération 2000 ? Ouvrons les livres des Sortilèges. A l'origine, la sorcière était une prêtresse déchue, littéralement une diseuse de sorts, une sorte de magicienne enrôlée chez Satan. Servante du diable, elle devint la bête noire de l'ÉGLISE, qui la poursuit et la consuma sur ses bûchers purificateurs. D’Arc elle-même ne connut pas meilleur sort. En ces temps médiévaux, elle était chargée de toutes les énergies négatives, ses maléfices inspiraient la méfiance et la peur. Sombre époque.


Aux siècles suivants, sa mauvaise réputation s'atténue un peu, elle quitte les feux de la rampe - mais pas encore ceux des bûchers. On réalise qu'elle sait guérir certains maux, que ses décoctions ne sont pas uniquement destinées à éliminer son prochain. On prend goût à ses brouets. Tout en restant marginale, la sorcière devient un personnage important de la littérature enfantine, où elle gagne ses lettres de noblesse. Elle y figure en star diabolique opposée aux fées bienfaisantes. Fleurissent les Carabosse, Anastabotte, ogresses et dévoreuses d'enfants, ancêtres de Cruella Devil, l'écorcheuse de dalmatiens.


Arrivent le XIX ième siècle, le XX ième et la psychanalyse. La sorcière est passée de mode, on a pris du recul par rapport au phénomène, voici le temps des explications scientifiques. D'après Jung, la sorcière serait une projection de l'anima masculine, c'est-à-dire de la part féminine qui subsiste dans l'inconscient de l'homme. En matérialisant cette ombre haineuse, la sorcière a acquis dans l'imaginaire masculin une puissance redoutable. Chez l'homme du Moyen-âge et des sociétés primitives, elle témoignait donc principalement de la peur irrationnelle des femmes et de la sexualité. Et pour les femmes, toujours selon Jung, la sorcière tient le rôle de bouc émissaire. Il est plus facile de se décharger sur elle de ses pulsions obscures que de les assumer.

Dans l'Amérique du XVII ième siècle, la petite communauté de Salem poursuivit de façon hystérique des femmes innocentes, accusées d'avoir ensorcelé des jeunes filles, avant de les condamner au bûcher. Dans les années 50 aux États-Unis, on organisait la délation systématique des communistes comme éléments anti-américains. L'expression "chasse aux sorcière" vient de là, elle désigne une forme de persécution politique dissimulée sous un masque puritain. La chasse aux sorcières, inventée par l'Église du Moyen-âge, est donc devenue un phénomène politique typiquement américain.


La réhabilitation des sorcières en cette fin de siècle, loin d'être une régression, marquerait donc un procès psychotique dans l'inconscient collectif ? Oui, et c'est bonne nouvelle. Les forces sombres de l'inconscient sont désormais assumées dans la clarté de la connaissance, des sentiments et de l'action. La sorcière a perdu son aura maléfique, elle est devenue un personnage de comédie, qui amuse les enfants sans leur faire vraiment peur. Quand aux adultes, ils sont captivés par les connaissances ancestrales, quasi druidiques. De la mandragore à la belladone, en passant par le datura, la verveine (ou herbe aux sorcières) et coquelicot, toutes les plantes qu'elle mélangeait naguère dans son chaudron sont utilisées aujourd'hui par les laboratoires d'homéopathie et d'aromathérapie (traitement par les huiles essentiels). 


Ses intuitions sur les pouvoirs de la Lune ont été confirmées par les jardiniers et les astrologues. Idem pour la numérologie et le tarot, le langage des runes et celui des oiseaux. Débarrassée de son aura malfaisante, la sorcière est devenue un personnage new-age, au carrefour des sciences ésotériques. Son passé glorieux, bien que difficile, lui confère un statut particulier dans la société contemporaine. Elle possède une légende et jette le trouble par son charme exotique. L'idée de rencontrer une sorcière procure un petit frisson agréable, hérité tout droit de l'enfance. On se dit qu'elle seule connaît encore quelques sortilèges et des recettes de magie pour fasciner les amateurs de merveilleux que nous sommes. Mais là, mystère, les sorcières ne nous ont pas encore tout révélé.

Le Mage

Un mage digne de ce nom doit éprouver de l'attirance pour ce qu'il veut réaliser sans pour autant succomber à la fascination : il doit charmer, envoûter, réaliser un désir mais sans en être prisonnier. Il doit être capable d'entrer en contact avec les forces cachées et de les guider à des propres fins. La volonté et les rituels magiques lui serviront à contraindre les énergies de la matière et de l'univers et à les soumettre. Mais s'il venait à être amoureux, il serait incapable d'exercer cette force. Autant dire que le mage est donc condamné à ne pas aimer mais à être aimé.

Un mage professionnel doit se munir d'une série d'objets qui lui permettrons de mieux réaliser ses envoûtements. Voici la liste du matériel courant : cadre approprié à la mise en place du temple magique, autel et décoration rituelle, grimoire renfermant les formules rituelles et les exorcismes, candélabre à sept branches, bougeoir simple, encensoirs, coupe magique solaire dorée, coupe magique lunaire argentée, jeu de tenue rituelles ( blanches, rouge, noire), baguettes magiques, bâton de commandement, poignard magique, tapis magique, épée magique, cercle de protection servant lors des invocations, pierre magique pour l'autel, triptyque de Salomon protégeant les forces invisibles, pyramide de Chéops, pendule de radiesthésiste, jeu de tarot (arcanes majeurs). En outre, il faut, bougies colorée, statuettes, encre, parchemin, carton, plumes, porte-plume, huile magique, bains magique, encens, résines, herbes magiques et planétaires, pierres dures, plaques de métaux, sachets et rubans couleurs, draps de soie, napperons blancs en coton, épingles à têtes colorées, sel marin, gomme arabique.

 

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